Les Chapîtres 36 et 37 de
La Profession de foi
probablement par un murîd d'Ibn Arabî,
erroneusement attribué à Ibn Arabî lui-même


36. Toute chose subsistante (qâ`im) subsiste par la permanence (daymûniyya) de Son éternité sans commencement (azaliyya). Tout (Être) vivant a une vie reçue (mustafâda) par Son Ordre (amr). Si la raison ( `aql) use d'une représentation pour Sa Toute-Puissance (`Izza), ou si la pensée (fikr) tourne une argumentation (jadal) au sujet de Sa Majesté (jalâl), l'intelligence s'arrête épuisée, et la pensée, exténuée, reste stupide, tandis que paraît, dans sa splendeur, la proclamation de Sa grandeur (al-ta`zîm) et qu'on ne trouve rien pour remplacer la proclamation de Sa Transcendance (al-tanzîh), que rien n'égale la proclamation de Son Unicité (at-tawhîd), et que s'avancent les légions de la proclamation de Sa Sainteté (al-taqdîs), frayant le chemin de la proclamation-de Sa Singularité (al-tafrîd)!

(1) Par le manteau de Sa grandeur (kibriyâ') Il a caché aux intelligences la connaîssance de la nature de Son Essence, et par la lumière de Sa Permanence (Baqâ') Il a empéche les "regards" (absâr) d'atteindre la vérité de Son Unité (Ahadiyya). Si, à la limite [de leur domaine], les sciences des créatures prennent leur essor à la poursuite d'une 'information' (habar) [sur l'Essence divine] ou si, à leur terme ultime, les connaissances des mondes partent à la recherche d'une 'trace' (athar) [de cette Essence] un éclaire de l'éternité brillera pour elles, étincelant, [mais] masqué du voile de la Perfection (al-Kamâl) hors d'atteinte de l'impuissante doctrine de l'analogie [avec les créatures](tashbîh), et elles n'en pourront supporter l'éclat, leurs perceptions seront anéanties ainsi que l'exercice de leurs facultés, dans le contact des attributs de l'éternité (awsâf al-qidam) avec la qualification de la Préexistence (na't al-azal), contact non précédé d'une séparation ni suivi d'une coupure.
(1)Tout ce passage est en prose rimée.

37. Et devant la Sainteté Sublime (al-quds al-ashraf) se manifestera une crainte révérentielle (hayba) qui fait mourir les imperfections (al-`ilal), et [apparaîtra] une singularité (infirâd) qui interdit la multiplicité (ta`addud), une existence (wujûd) impossible à définir, une majesté (jalâl) incompatible avec [la question] comment, une perfection (kamâl) qui réduit à l'impuissance toute similitude (mithla), une nature (wasf) qui exige l'unicité (wahda), une puissance (qudra) qui se déploie dans le royaume [de l'univers] (mulk), une gloire (magd) qui épuise les louanges, et une science (`ilm) qui embrasse "ce qui est dans les cieux, sur la terre, entre eux et sous la terre" (sura Ta-Ha 20, verset 6), "et l'abîme inscrutable des mers, l'endroit où chaque poids, chaque arbre doit pousser, où chaque feuille doit tomber, le nombre des petits cailloux et des grains de sable, le poids des montagnes, le volume des mers, les actions des hommes, leurs traces et leurs souffles. [Dieu] est distinct de Sa création et pourtant nul lieu n'échappe à Sa science" (Selon une tradition citée par Ibn Hanbal.)


La Profession de foi d'Ibn Arabî,
Roger Deladrière, Univ. de Lille 1975
[probablement par un murîd d'Ibn Arabî et erroneusement attribué à Ibn Arabî lui-même]





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2001-02-18

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