Les interdits du Coran

Afin de mieux asseoir leur autorité en la stigmatisant sur les comportements quotidiens, les religions brandissent toutes le fléau des interdits jouant sur l'équilibre malsain sanction - récompense.
C'est douteux comme logique: on peut en dire autant de l'higyène alimentaire chez les Romains de l'antiquité.

Le Coran n'échappe pas à la règle et, dès la 2ème sourate, il est ordonné (II, 168): "Il vous est interdit de manger les animaux morts, le sang, la chair du porc et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui de Dieu."
Tout cela devient permis en cas de famine. Dire "dès" la 2e sourate - la plus longue - trahit une ignorance de la 2eme sourate comme du Coran puisqu'il est connu qu'elle est une Sourate tardive et en résume les lois dans leur entier.

La période de jeûne du ramadan est définie un peu plus loin (II, 181): "La lune de Ramadan dans laquelle le Coran est descendu d'en haut pour servir de direction aux hommes, pour leur en donner une explication claire, et de distinction entre le bien et le mal, c'est le temps destiné à l'abstinence. Quiconque aura aperçu cette lune se disposera aussitôt à jeûner. Celui qui sera malade ou en voyage jeûnera dans la suite un nombre de jours égal."
La phrase "c'est le temps destiné à l'abstinence" est un ajout inexistant dans l'original. Le verset continue: "Dieu désire pour vous la facilité et Il ne désire point pour vous la difficulté. Accomplissez toute la durée du jeûne. Louez Dieu de vous avoir guidés et peut-être finirez-vous par lui être reconnaissants." Le jeûne est une pratique connue de toutes les sociétés et religions et reconnu comme la voie royale de la longévité et de la bonne santé sans parler de l'affinement de l'esprit et des capacités spirituelles.

Le pèlerinage à la Mecque est sévèrement régenté et n'a rien d'un chemin spirituel répondant aux seules angoisses métaphysiques du croyant.
Le livre sur les "Mystères du Pélerinage" dans le chef-d'oeuvre d'al-Ghazzali intitulé Ihya' 'Ouloum al-Din prouve exactement le contraire. Le pélerinage en Islam signifie le renouvellement du pacte immémorial entre Dieu et les hommes. Voici déjà un court poème de Shaykh Mouhyi al-Din Ibn 'Arabi adressé à la Kaaba. Je cite ces deux auteurs parce qu'ils sont connus du public francophone.

Auprès du refuge a pris refuge mon coeur blessé des flèches de l'adversité. Miséricorde de Dieu envers Ses serviteurs, en toi parmi les formes inanimées Dieu a placé Son pacte. Maison de mon Seigneur, lumière de ma vie, fraîcheur de mes yeux; secret de mon coeur, véritable secret du coeur de l'existence, mon pacte sacré, mon plus pur amour! Qibla vers laquelle je me tourne depuis chaque mont et vallée, subsistant dans le Réel depuis les sommets, éteint à moi-même depuis les profondeurs! Kaaba de Dieu, ma vie, mon chemin adoré, ma guidance, en toi Dieu a placé toute garantie contre la crainte du désastre lors du grand Retour. En toi resplendit la noble Station [d'Abraham], en toi se trouvent tous les biens des serviteurs de Dieu. En toi est la Main Droite [la pierre noire] que mes péchés ont drapée dans sa couleur noire. Multazam [la porte de la Kaaba] est en toi. Celui qui y a recours et s'y accroche par amour sera sauvé le jour des cris mutuels. Tant d'âmes expirèrent par désir pour elle, souffrant désir et long exil. A leurs nouvelles, triste, elle a pris le deuil. Dieu répand Sa lumière dans sa cour. Quelque chose de cette lumière apparaît dans le coeur. Nul ne la voit autre que le pauvre en pleurs aux yeux cernés, incapable de dormir. Il tourne autour d'elle sept fois et puis sept encore, du début de la nuit jusqu'à la prière de l'aube. Prisonnier d'une tristesse sans fin, on ne le voit que sous l'emprise d'un immense effort. Je l'entendis invoquer Dieu et dire près de la pierre noire: Mon coeur, notre nuit a vite passé mais point le but de mon amour! (Al-Foutouhat al-Makkiyya)

Les versets 192 et 193 de la sourate II en donnent le menu et on retiendra surtout que le pèlerin empêché est tenu d'y faire apporter une offrande, en échange de quoi il lui sera interdit de se raser pendant quelque temps, pratique que les "barbus" ont généralisé.
Cet interdit reflète l'état sacramentel du pélerin, durant lequel pour une courte durée - entre un et dix jours - il tient compte de ses moindres gestes y compris le moindre cheveu de sa propre personne. C'est un exercice spirituel intense.

Le vin et le jeu n'ont pas la faveur de l'islam (II, 216): "Ils t'interrogeront sur le vin et le jeu. Dis leur: l'un et l'autre sont un mal. Les hommes y cherchent des avantages mais le mal est plus grave que l'avantage n'est grand." et (V, 92).
Le vin et les jeux de hasard nuisent à la raison qui est notre bien le plus noble et conduisent à toutes sortes de désastres à diverses échelles.

Curieusement, la consommation d'alcool ne semble plus l'action de Satan lorsqu'elle a lieu au paradis (LVI, 18): "[les enfants du paradis] Qui leur [les justes] présenteront des gobelets, des aiguières et des coupes remplies de vin exquis."
Le verset suivant précise: "qui ne produit ni mal de tête ni folie."

et (LXXVI, 5):"Les justes boiront des coupes où Kafour sera mêlé au vin". La sourate V donne de plus amples précisions sur les aliments impropres à la consommation (V, 4): "Les animaux morts, le sang, la chair du porc, tout ce qui a été tué sous l'invocation d'un autre nom que celui de Dieu, les animaux suffoqués, assommés, tués par quelque chute ou d'un coup de corne; ceux qui ont été entamés par une bête féroce à moins que vous ne les ayez purifiés par une saignée; ce qui a été immolé aux autels des idoles; tout cela vous est défendu." que l'on retrouve aussi en (VI, 146 et 147) et en (XVI, 117).
Ces aliments sont tous malsains, la plupart pour raisons médicales, le dernier pour raisons spirituelles.

Littérature et poésie n'ont guère les faveurs du Coran suite aux mises en garde (XXXI, 5) et (XXXVI, 69). On comprend mieux le recours à l'autodafé en terre musulmane.
Vous n'avez rien compris du tout. Littérature et poésie abondent en Islam et la prosodie est un sujet obligatoire dans son curriculum. Le Coran réfute simplement ceux qui prétendaient n'y voir qu'une production poétique de génie. Ni les Prophètes ne sont des littérateurs, ni les révélations divines appartiennent aux registres humains.

Quand l'interdit devient discrimination et racisme, le Coran répond naturellement présent (III, 27): "Que les croyants ne prennent point pour alliés des infidèles plutôt que des croyants."
Oui, car les intérêts fondamentaux des infidèles porteurs de présents sont incompatibles avec ceux des croyants. Il s'agit bien de discrimination et racisme!

et (III, 114): "O croyants! ne formez de liaisons intimes qu'entre vous, les infidèles ne manqueraient pas de vous corrompre."
Le verset dit plutôt: "Croyants, ne choisissez vos hommes de confiance que parmi vous. Les mécréants mettront tout en oeuvre pour embrouiller vos affaires."

Ce que; du point de vue de l'Islam, les non-Musulmans ont fait et continuent de faire en découpant les Ottomans et le Moyen-Orient en états de pacotille, suffit à illustrer ce verset.

Et pour que le message passe sans ambiguïtés, les répétitions sont là pour marteler le cerveau soumis du croyant (IV, 143): "O croyants! ne prenez point d'amis parmi les infidèles plutôt que parmi les croyants." (V, 56): "O croyants! ne prenez point pour amis les juifs et les chrétiens, ils sont amis les uns des autres." ainsi que (LX, 1 et 9).
Allez le contester aux Palestiniens.

A défaut de convaincre par des arguments réfléchis, le Coran assène ses interdits.
Ceux qui ont écrit ces lignes ne connaissent évidemment pas le Coran.

Etcetera. La banale mauvaise foi et les découpages, traductions tendancieuses, et désinformation trompent peut-être quelques non-Musulmans et confortent la haine superstitieuse de l'Islam chez un certain public. Mais les statistiques sur la croissance phénoménale de cette religion parlent d'elles-mêmes; en particulier - en France - chez les scientifiques et les intellectuels. Tout ce monde manquerait étrangement de rigueur philosophique. Il est futile de continuer à nier la seule solution pratique et civilisée aux impasses spirituelles et au matérialisme abject qui sévissent aujourd'hui.




Hajj Gibril
GF Haddad ©
fr.soc.religion 18 Jun 2001





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latest update: Wed, 7 Jan 2009

2001-06-24

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